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En tant que représentant·es des Hautes Écoles, nous observons avec préoccupation une remise en question croissante de l’indépendance de la science et de la liberté académique à divers endroits de notre société. Cette prise de conscience collective nous conduit à réaffirmer tenacement notre engagement envers ces valeurs fondamentales qui sont au cœur même de toute démarche scientifique. Face aux différentes pressions qui menacent aujourd’hui l’autonomie de la recherche, il nous apparait plus qu’urgent de rappeler que la liberté scientifique est le pilier d’une société démocratique, éclairée et résiliente.
Les valeurs que nous défendons qui sont aussi celles portées par l’ARES, à savoir le renforcement des capacités, la réciprocité et l’équité des échanges, l’inclusion et la diversité, ainsi que l’autonomie et la liberté académique, ne sont pas des slogans. Elles sont le socle sur lequel reposent la rigueur de nos recherches, la qualité de notre enseignement et la capacité de notre société à innover, à (se) questionner, à progresser, à contester et, somme toute, à penser.

L’enseignement supérieur à travers les Hautes Écoles constituent un maillon essentiel de l’écosystème de la recherche scientifique. Au carrefour entre le monde académique et le monde professionnel, elles occupent une position unique. Elles forment les futur·es acteur·ices de terrain, précisément celles et ceux qui agiront au coeur des réalités concrètes de notre société de
demain. Leur formation ne peut se faire sans un enseignement nourri par une recherche libre, indépendante et connectée aux enjeux contemporains.
C’est là que résident notre responsabilité en tant qu’institutions, ainsi que notre devoir envers les citoyennes et les citoyens.

Dans ce contexte, nous réaffirmons que :
•  Le maintien de tous les champs de compétences est indispensable pour appréhender la complexité des enjeux actuels que nous traversons ;
• Une recherche indépendante est la garantie de résultats scientifiques fiables, attestés et utiles pour le bien commun ;
• Le développement de l’esprit critique est au cœur de notre mission : il ne peut y avoir de citoyenneté active sans liberté de pensée ;
• La science ne se limite pas à des retombées économiques immédiates : elle doit pouvoir explorer, anticiper, imaginer et parfois déranger pour mieux innover.

Ainsi, nous rappelons que la liberté académique n’est ni un luxe ni un privilège, mais une condition essentielle pour construire une société démocratique et innovante. Les idées, les savoirs, les découvertes doivent pouvoir se développer à l’abri des injonctions idéologiques et des intérêts particuliers. C’est à ce prix que la connaissance peut réellement être au service de l’intérêt public.
Nous, représentant·es des Hautes Écoles, prenons aujourd’hui la parole d’une seule voix pour réaffirmer notre engagement : celui de défendre la liberté académique, de préserver l’intégrité de la recherche scientifique et de continuer à former des esprits libres, curieux et critiques.
La science constitue un bien commun qu’il nous appartient collectivement de préserver et de valoriser. Elle représente l’un des instruments les plus précieux dont nous disposons pour comprendre notre monde et en façonner l’avenir de manière éclairée.

Cette lettre est signée par l’ensemble des Directions-Présidences des Hautes Écoles de Fédération Wallonie-Bruxelles, unies dans leur engagement pour la défense d’une science libre et pour la liberté académique.